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Les adolescentes en situation de vulnérabilité considèrent la prostitution comme une opportunité de progression sociale.

L’exploitation sexuelle des mineur.e.s à Valenciennes demeure une problématique difficile à quantifier précisément. Malheureusement, nos sollicitations auprès du Parquet de Valenciennes sont restées sans réponse. De manière générale, il est estimé que près de 10 000 jeunes en France sont malheureusement touchés par ce fléau, ce chiffre ayant augmenté de 70 % au cours des cinq dernières années. Cette hausse peut être due à une augmentation du phénomène lui-même, à une meilleure détection, voire les deux à la fois. Rien qu’en 2021, dans le département du Nord, 150 cas de prostitution impliquant des mineur.e.s ont été recensés. Néanmoins, il est probable que ce chiffre sous-estime la réalité. Parmi les zones les plus touchées dans le Nord figurent la métropole lilloise, Dunkerque, Valenciennes et Maubeuge.

Il est important de noter que 70 % des mineur.e.s prostitué.e.s dans cette région ont entre 15 et 17 ans.

Ce phénomène, parfois qualifié de « proxénétisme de cité », implique souvent de jeunes filles provenant de milieux défavorisés. Ces adolescentes vulnérables présentent fréquemment des lacunes affectives ou éducatives, qui résultent en des ruptures familiales, des fugues, des placements en foyer, ainsi qu’une déscolarisation. Ces facteurs contribuent à une faible estime de soi, une crédulité excessive et une propension aux comportements à risque. Alarmant également, 42 % de ces jeunes filles déclarent avoir été victimes de violences familiales ou sexuelles non signalées pendant leur enfance. De plus, 73 % d’entre elles sont en situation de sans-abri. Dans la plupart des cas, soit 60 %, ces adolescentes prostituées sont prises en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Cependant, malgré ces chiffres, l’association SOS Village d’enfants, à laquelle sont rattachées plusieurs structures valenciennoises, soutient que la prostitution chez les jeunes filles de l’ASE n’est pas un phénomène répandu dans l’ensemble de l’association en France.

Les conditions sont ainsi réunies pour que les proxénètes ciblent ces adolescentes vulnérables et en fassent leurs victimes.

Ils opèrent souvent de manière insidieuse, se montrant moins directs qu’auparavant. De nos jours, la prostitution est moins imposée par la force physique. Elle peut même être acceptée par les victimes, piégées par des individus mi-petit ami, mi-proxénète, connus sous le nom de « lover boy ». Ces individus exploitent leur influence pour contraindre ces adolescentes à fournir des « services » afin de rembourser des dettes. Ces exploiteurs peuvent gagner jusqu’à 1 500 euros par jour. Souvent, ils ont déjà un historique de délinquance. De plus en plus de jeunes délinquants abandonnent le trafic de drogue au profit de la prostitution, perçue comme plus lucrative et moins risquée. Dans 77 % des cas, les proxénètes ont des liens proches avec leurs victimes. Par ailleurs, certaines jeunes prostituées agissent comme des entrepreneuses, attirées par la perspective de gains financiers faciles et d’une ascension sociale.

Il est inquiétant de constater que la prostitution devient banalisée voire valorisée, particulièrement par le biais des réseaux sociaux.

Certaines adolescentes considèrent cette activité comme un moyen d’accéder à des biens de luxe, qu’elles mettent en avant sur les plateformes en ligne. Cette motivation est particulièrement forte chez les jeunes issues de milieux défavorisés, cherchant à trouver une forme de revanche sociale dans leur situation. Pour y parvenir, elles minimisent les implications des relations sexuelles et préfèrent souvent s’identifier en tant qu' »escorts » plutôt que prostituées. Cette normalisation est renforcée par des modèles médiatiques des dernières années, tels que les Kardashian, Zahia, Nabila et d’autres influenceuses, qui ont utilisé leur apparence physique pour atteindre la richesse et la célébrité. Cette tendance a conduit à ce que près de la moitié des mineurs considèrent certains aspects positifs à la prostitution, avec l’autonomie financière en tête, et expriment le désir de continuer. Cependant, il est important de rappeler que cette perspective est largement illusoire. Les victimes sont souvent dans le déni ou sous l’emprise de leurs exploiteurs, voire les deux. Elles dissocient l’acte sexuel de leurs propres émotions, ce qui a des conséquences profondes sur leurs relations futures et leur bien-être.

Face à cette réalité, les parents sont confrontés à la honte de leurs filles et à leur propre désespoir.

Camille Blairon, avocate au barreau de Valenciennes, a été administratrice ad hoc pour le Département pendant huit ans. Elle représente les victimes mineures lorsque leurs parents ne sont pas en mesure de le faire. Son expérience l’a amenée à côtoyer de près les jeunes errantes, leur honte indicible et le défi de mettre des mots sur leur souffrance. Elle a également été en contact avec le désespoir des parents, accablés par le sentiment d’échec. Elle est également avocate référente de l’association nationale « Équipe d’action contre le proxénétisme », qui protège les victimes et les accompagne dans leur processus de guérison. Camille Blairon gère régulièrement des affaires similaires à travers la France, que ce soit un réseau de proxénétisme chinois à Nantes ou le cas d’une adolescente attirée par de fausses promesses et contrainte à la prostitution via un site d’annonces en ligne.

Il est essentiel que les parents soient vigilants quant à l’utilisation des réseaux sociaux par leurs enfants.

Les jeunes sont souvent vulnérables à des individus malveillants qui cherchent à exploiter leur situation. Face à ces défis complexes, il est crucial d’éduquer les adolescents sur les dangers potentiels, de surveiller leurs activités en ligne et d’établir une communication ouverte pour qu’ils se sentent à l’aise de partager leurs préoccupations. La lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs nécessite l’engagement de la société dans son ensemble, avec une attention particulière portée aux besoins des victimes

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